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Des casques bleus de l'ONU accusés d'abus sexuels

11/06/2015

Haïti: des casques bleus de l'ONU accusés d'abus sexuels

Publié le 11.06.15 sur RFI.fr

Nouveau scandale d'abus sexuels pour la mission de maintien de la paix de l'ONU. A peine un mois et demi après les révélations d'un haut responsable onusien sur les soupçons de viols d'enfants en Centrafrique, les casques bleus de l'ONU sont de nouveau mis en cause dans des affaires d'exploitation sexuelle. Cette fois, c'est un rapport du bureau des services de contrôle interne des Nations unies à paraître le 15 juin, qui a filtré dans la presse. Ce rapport inclut une enquête en Haïti où plus de 200 femmes disent avoir eu des relations « transactionnelles » avec des casques bleus.

L'enquête menée il y a un an en Haïti mentionnée dans le rapport interne de l'ONU parle de « sexe transactionnel » : quelque 230 femmes, la plupart issues de milieux ruraux, dont un tiers de mineures, ont eu des relations sexuelles avec des casques bleus de la Minustah en échange de nourriture, de téléphones portables, d'ordinateurs, d'argent, de médicaments ou d'articles de soin pour leurs bébés.

« En cas de non paiement, des femmes retenaient les badges de casques bleus et menaçaient de dévoiler leur infidélité sur les réseaux sociaux », indique le rapport.
Seules sept femmes auraient eu connaissance de la politique des Nations unies qui prohibe l'exploitation sexuelle. Aucune ne savait qu'une hotline permettait de signaler ces abus.

Ce rapport fait surtout apparaître l'ampleur de cette exploitation sexuelle, la sous-évaluation du nombre de cas dont la plupart sont passés sous silence et l'impunité qui prévaut, ce qui inquiète les services de contrôle interne de l'ONU.

Après le scandale de l'épidémie de choléra déclenchée en 2010 aux alentours d'un camps de casques bleus népalais en Haïti, épidémie qui a fait plus de 8 000 morts, la force onusienne déployée dans le pays est de nouveau pointée du doigt dans ce scandale d'abus sexuels. Un scandale qui concerne aussi d'autres missions dont le Libéria, la République Démocratique du Congo, et le Soudan du Sud.

Un rapport de juin 2013 révélait déjà l'impunité des abus sexuels commis par des soldats de maintien de la paix. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait d'ailleurs prôné la tolérance zéro pour l'exploitation sexuelle au sein des forces onusiennes.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel scandale éclabousse les casques bleus. En 2006, certains d'entre eux avaient été accusés en Haïti et au Libéria de forcer des jeunes femmes à avoir des relations sexuelles en échange de nourriture, de médicaments ou de vêtements. En 2008, des cas de viols ont été enregistrés en Côte d'Ivoire, au Soudan du Sud et en Haïti.
 



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