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Désignation d’un nouvel ambassadeur haïtien en République Dominicaine

26/02/2015

Désignation d’un nouvel ambassadeur haïtien en République Dominicaine, dans un contexte tendu entre les deux pays

Paru dans Alterpress le 26 février 2015

Cliquez ici pour lire l'article sur le site d'Alterpress


La présidence haïtienne a désigné le citoyen Daniel Supplice comme le nouvel ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine, durant la journée du 25 février 2015 marquée par une marche pour la paix et contre le racisme dans la capitale haïtienne, dans un contexte de tension entre les deux États partageant l’ile d’Haiti.

Joint par AlterPresse, Daniel Supplice, qui ne souhaite pas faire de grandes déclarations, confirme qu’il est effectivement choisi par la présidence haïtienne pour « être ambassadeur » d’Haïti en République Dominicaine, qui célèbre, ce vendredi 27 février 2015, sa 171e année d’indépendance vis-à-vis d’Haïti.

Le nouveau diplomate envisage qu’il pourrait entrer en fonction d’ici la semaine prochaine (1er au 7 mars 2015). Pour l’instant, « on est en train d’effectuer les procédures administratives », déclare Daniel Supplice. Son prédécesseur Fritz Cinéas a présenté, au cours de la même journée du 25 février 2015, sa lettre de démission, fait savoir à AlterPresse une source proche de la présidence. Les Haitiens,qui avaient, ces derniers jours, protesté devant le consulat haitien de Santo Domingo, se plaignaient, dans la presse dominicaine, d’être mal représentés en République Dominicaine.

Ce changement arrive aussi une dizaine de jours après la pendaison d’Henry Claude Jean sur une place publique à Santiago de Los Caballeros, la deuxième ville dominicaine. Entre-temps, le consul haïtien à Santiago, Ralph Hyppolite, a été rappelé. Le crime du mercredi 11 février 2015 ainsi que l’assassinat, le jeudi 19 février 2015, d’un autre ressortissant haïtien dénommé Ti Louis - décapité dans la zone frontalière de Comendador - ont indigné la société civile haïtienne, qui a organisé une marche, le mercredi 25 février 2015, pour demander le respect des droits des migrants haïtiens en territoire dominicain et réclamer justice pour les victimes. Plusieurs milliers d’Haïtiennnes et d’Haïtiens ont marché du centre de la capitale haïtienne, passant par la commune de Delmas (périphérie nord-est) pour aboutir devant l’ambassade dominicaine à Pétionville (périphérie est).

Les organisateurs de la marche ont rencontré l’ambassadeur dominicain accrédité en Haïti, Ruben Silié Valdes. Le diplomate considère que les auteurs d’actes violents, contre les Haïtiens en République Dominicaine, sont des « extrémistes », non contrôlés par le gouvernement de son pays. Il a aussi promis que le gouvernement de son pays va continuer à travailler pour le respect des droits des migrants haïtiens.

En marge de cette marche, des individus se sont rendus au local du Consulat dominicain à Pétionville et ont même brûlé un drapeau dominicain. Le gouvernement haitien déclare qu’il « condamne la violation et l’agression regrettables des locaux du Consulat Général de la République Dominicaine à Pétionville par un petit groupe d’individus mal intentionnés, qui ont trompé la vigilance des organisateurs de cette marche pacifique ». Les autorités haïtiennes appellent « la population à garder son calme et à éviter tout acte qui pourrait contribuer à détériorer les relations entre Haïti et la République dominicaine », dans un communiqué.

Les incidents, survenus en marge de la marche du 25 février 2015, ont provoqué des réactions. Les organisateurs de la marche condamnent avec véhémence, les incidents. « Nous déplorons ce qui s’est passé. C’est très grave », déclare à AlterPresse Ginette Chérubin du Collectif 4 Décembre, une des organisations initiatrices de la marche. Des organisations binationales, comme la Fondation Zile, estiment « condamnable » ce qui s’est passé. La Fondation Zile appelle « au respect le plus strict pour les symboles dominicains ». Edwin Paraison, responsable de la Fondation Zile, souhaite qu’« on ne mélange pas » les actes de violence à la marche. Il appelle, par ailleurs, les autorités des deux pays à « convoquer un dialogue de haut niveau » pour discuter de tous les sujets qui dérangent, en vue de trouver des solutions communes aux problèmes.

Dans l’intervalle, la chancellerie dominicaine, conduite par Andrés Navarro, a rappelé pour consultation, sur le coup, Ruben Silié Valdes, ambassadeur dominicain en poste à Port-au-Prince. Les manifestations de commémoration de la fête d’indépendance (171 e anniversaire) de la République Dominicaine en Haïti, ce vendredi 27 février 2015, auraient été annuléess, apprend l’agence en ligne AlterPresse. « La patience a une limite », a déclaré le ministre des affaires étrangères dominicain, au cours d’une conférence de presse déroulée en fin de journée, le 25 février 2015.

Des organisations ultranationalistes dominicaines, qui montent également au créneau, annoncent une marche pour la journée du 27 février 2015. Elles comptent dénoncer une fusion supposée des deux parties de l’île d’Haïti et l’« haïtianisation » de leur pays.

De la République Dominicaine, des ressortissants haïtiens, qui y résident, expriment leurs inquiétudes et craintes quant aux éventuelles incidences, sur leur vie en territoire voisin d’Haïti, des nouveaux développements de la situation de tension entre les 2 pays qui partagent l’île.



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