Adhérents
devenez adhérent
Recherche

Le drame humain des Dominicaines et Dominicains d’origine haïtienne

01/09/2014

Le drame humain des Dominicaines et Dominicains d’origine haïtienne (Partie 1)

Interview avec le professeur Joseph Harold Pierre [1]

Reprise par AlterPresse

Économiste, politologue et philosophe, Joseph Harold Pierre vit en République dominicaine depuis presqu’une décennie. Professeur universitaire, il est l’un des intellectuels haïtiens qui appuie la lutte contre l’anti-haïtianisme dans la société dominicaine et en faveur de rapports harmonieux, justes et solidaires entre les deux pays. Cette lutte s’avère beaucoup plus importante, surtout depuis la publication de l’arrêt 0168/13 par le Tribunal Constitutionnel dominicain qui enlève la nationalité à plus de 200 mille Dominicains et Dominicaines d’origine haïtienne sous prétexte que leurs parents sont des migrants en situation irrégulière et se trouvent donc « en transit » dans le pays.

Cet enfant du Sud d’Haïti a accepté en aout dernier de donner cette interview au Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), où il retrace sa trajectoire personnelle, académique et professionnelle. Chiffres en mains et preuves à l’appui, le professeur Joseph Harold Pierre expose en détail la situation actuelle des migrants haïtiens en République Dominicaine, déconstruit les préjugés contre Haïti circulant dans le pays voisin et met en évidence les failles de l’arrêt 0168/13 et ses impacts négatifs sur les Dominicaines et Dominicains d’origine haïtienne.

Joseph Harold Pierre, Parlez-nous de vous ? D’où venez-vous en Haïti ? Qu’est-ce qui vous a motivé à étudier et à travailler en République Dominicaine ?

JHP : Je suis né en Haïti à Arniquet, une commune du département du Sud, où j’ai fait mes études primaires et une partie de l’école secondaire. Puis, j’ai été reçu au Séminaire-Collège de Mazenod à Camp-Perrin, toujours dans le Sud, où j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires. À 20 ans, je suis entré dans la Compagnie de Jésus (Les Jésuites) qui m’a envoyé en République dominicaine. Deux ans plus tard, j’ai quitté la Congrégation et poursuivi mes études de premier cycle en Philosophie et en Sciences Sociales. Entretemps, j’ai aussi fait des études de Licence et de Maîtrise en Economie. En Espagne, j’ai obtenu deux Maîtrises, l’une en Sciences politiques et l’autre en Administration publique.

Dès mon enfance, j’ai toujours été intéressé par le travail social et communautaire. J’ai été membre de plusieurs groupes, y compris le groupe Jeunesse Mariale que j’ai fondé à Camp-Perrin. En République dominicaine, ma vie est partagée entre mes engagements sociaux (NAPSA, Centro Bonó et Fondation Juan Felix Pepén) où je soutiens mes compatriotes haïtiens, et le travail professionnel et académique. Je suis également membre du Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle (GRAHN), dirigé par le professeur Samuel Pierre.

Dans quelles institutions avez-vous travaillé en République dominicaine ? D’après votre expérience en tant qu’étudiant et professionnel, qu’est-ce qu’un jeune haïtien peut apporter à ce pays ?

JHP : Depuis 2011, je travaille en tant que chercheur en économie au Ministère des Finances de la République dominicaine. Je suis aussi conseiller en économie, en politique et en relations haïtiano-dominicaines au sein des institutions telles que Fondation Lettre de la paix adressée à l’ONU et Grant Thornton-République dominicaine. Je suis également professeur d’économie à la Pontificia Universidad Católica Madre y Maestra (PUCMM) et de science politique à l’Université ibéro-américaine. En outre, je suis membre du Comité scientifique de la Fondation Globale Démocratie et Développement (Funglode) qui réalise des publications scientifiques et organise des colloques et d’autres événements du même genre.

Aujourd’hui, la République dominicaine est une terre d’opportunités. Il s’agit d’une économie émergente qui a besoin de main-d’œuvre à bon marché en vue de continuer à progresser et à affronter la concurrence internationale. Dans ce contexte, les travailleurs haïtiens, et en particulier les jeunes, peuvent beaucoup apporter à ce pays. Toutefois, la situation d’immigration irrégulière de nombreux Haïtiens et leur faible niveau d’éducation les rendent très vulnérables sur le marché du travail dominicain, ils reçoivent donc des salaires beaucoup plus bas que ce que gagnerait n’importe quel autre travailleur (dominicain ou étranger) pour le même travail. Les ouvriers haïtiens apportent beaucoup à l’économie dominicaine, même si une partie de cette société pense à tort que les Haïtiens supplantent la main-d’œuvre locale et représentent un « fardeau » pour les dépenses publiques, en particulier dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Mis à part les travailleurs du secteur informel que je viens de mentionner, il existe un groupe de jeunes, étudiants pour la plupart, qui travaillent dans les centres d’appel téléphonique (appelés "Call Center" en République dominicaine). La maîtrise de plusieurs langues (anglais, français, espagnol et créole haïtien) représente un avantage leur permettant de travailler dans ces entreprises internationales établies en République dominicaine. Dans ce secteur des services, les Haïtiens reçoivent un meilleur traitement par rapport à leurs compatriotes qui œuvrent dans d’autres domaines. Certains d’entre eux parviennent même à obtenir des postes plus importants que ceux occupés par les Dominicains dans le domaine des télécommunications.

La présence de la jeunesse haïtienne, en particulier celle des étudiants, peut aider à la « déconstruction » des préjugés et des stigmatisations qui existent en République dominicaine à l’encontre d’Haïti. En effet, beaucoup de Dominicains ont tendance à voir Haïti comme un pays peuplé de pauvres qui pratiquent le vaudou (considéré à tort comme synonyme de la magie noire, de la superstition et de la sorcellerie) et où règne la violence. Ces clichés engendrent du mépris et se sont convertis en principales causes d’actes criminels ouvertement anti-haïtiens, comme cela s’est produit à Hatillo Palma en 2005 (où deux Haïtiens ont été décapités et leurs corps exposés) et bien d’autres atrocités. Par exemple, cette année, un Dominicain a tué un Haïtien dans une église à Santiago de los Caballeros (la deuxième plus grande ville du pays) parce que tout simplement l’Haïtien lui aurait dit en plaisantant de vendre sa moto si celle-ci ne pouvait pas démarrer.

Compte tenu de cette triste réalité, les jeunes haïtiens en République dominicaine organisent des activités culturelles et sportives visant à projeter une meilleure image d’Haïti, à créer des liens de fraternité entre les deux peuples et à harmoniser leurs relations.

En pensant à l’avenir, par exemple en moins d’une décennie, de nombreux jeunes dominicains occuperont des positions importantes dans leur pays, notamment dans la fonction publique. Si les autorités haïtiennes priorisent en Haïti l’intégration des diplômés des universités dominicaines, il sera plus facile pour ces professionnels (qui parlent déjà l’espagnol, connaissent la culture et l’histoire du pays voisin et ont des compagnons universitaires dominicains qui feront sûrement partie de la classe des dirigeants de leur pays) de mener des négociations avec la République dominicaine. Cela pourrait constituer une stratégie utile pour les deux parties. Ce sera donc une grande contribution non seulement pour Haïti mais aussi pour la République dominicaine qui, à plusieurs reprises, a été l’objet de sévères critiques provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur pour le mauvais traitement infligé aux immigrants haïtiens et aux Dominicaines et Dominicains d’origine haïtienne.

En tant que professeur d’universités, économiste, politologue et expert des relations haïtiano-dominicaines, quelles sont les principales failles de l’arrêt 0168/13 ? Comment cette mesure juridique a-t-elle affecté les migrants haïtiens et les Dominicains d’origine haïtienne ?

JHP : L’arrêt du 23 septembre dernier souffre d’un ensemble de failles, dont les plus flagrantes sont les suivantes :

1) La faille de l’"en transit" : L’arrêt se fonde sur le fait que les parents et grands-parents des individus affectés étaient "en-transit" sur le sol dominicain. Il résulte de cette condition juridique la privation aux enfants de ces migrants du droit à la nationalité dominicaine, conformément à l’article 11.1 de la constitution de 1966. Cependant, des gens qui ont vécu toute leur vie sur un territoire pendant des décennies ne sauraient y être "de passage". D’ailleurs, le Règlement de 1939 sur la migration définit l’expression "en transit" comme la situation d’une personne qui séjourne 10 jours au plus dans le pays.

2) La faille du recours à la Constitution haïtienne : Les défenseurs de la sentence ont recouru à la Constitution haïtienne en vigueur, laquelle stipule à l’article 11 que "possède la Nationalité Haïtienne d’origine, tout individu né d’un père haïtien ou d’une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et n’avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance". Sous cet argument fallacieux, les personnes en condition irrégulière d’origine haïtienne, nées en République Dominicaine, ne seraient pas apatrides sinon des Haïtiens en vertu de ce cadre légal susmentionné. Cependant, la République Dominicaine, étant indépendante, ne peut se réguler sur la constitution d’une autre nation.

3) La faille de la violation de la constitution dominicaine : Les Constitutions dominicaines antérieures à 2010 accordaient la nationalité par le droit du sol (jus solis), comme il est illustré à l’article 11.1 de la Constitution de 2002. Or, la sentence a voulu appliquer le principe du droit du sang (jus sanguinis) de la Constitution en vigueur. Aussi, la mesure du Tribunal constitutionnel viole-t-elle la Constitution dominicaine de 2010 qui établit le principe de la non-rétroactivité de la loi (article 110) et celui de la favorabilité (art 74.4), par lequel une personne qui recourt à une loi doit jouir d’une interprétation à sa faveur pour la protection de ses droits.

4) La faille de la violation des traités et des conventions internationaux signés par la République Dominicaine : selon la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), le statut migratoire d’une personne ne peut être transmis à ses enfants. En outre, conformément à la Convention Américaine des Droits de l’Homme, les résolutions de la CIDH son définitives et sans appel et ne peuvent être révisées au niveau interne par les pays membres.

5) La faille de rendre les citoyens responsables des erreurs de l’Etat : les citoyens ne sauraient douter de la validité d’un document délivré par l’Etat. Ainsi, on ne peut nier la nationalité aux citoyens nés avant 2010, même s’ils sont fils d’étrangers et même si leur inscription au Registre civil aurait été faite dans des conditions irrégulières, par erreur ou inexactitude, car on ne peut les inculper des erreurs commises par l’Etat.

Par ailleurs, il est important de souligner que cet arrêt a affecté les Dominicains d’origine haïtienne et les immigrants dans leur être le plus profond. Tout être humain a besoin d’un monde, comme dirait Max Scheler, à partir duquel il pourrait entrer en contact avec la réalité. Les personnes affectées par l’arrêt sont "jetées" au monde, mais elles n’existent pas, parce qu’elles ne sont pas considérées comme des citoyens et des personnes à part entière. En d’autre termes, il leur manque un espace qui les accueille et à partir duquel ils peuvent construire leur monde, leurs projets de vie et leurs relations. D’un jour à l’autre, disparait ce fond ontique et anthropologique dont a besoin tout être humain pour son autoréalisation. Ce vide créé par l’arrêt a d’autres graves conséquences mais de nature différente.

Plusieurs expressions ont été utilisées pour qualifier l’arrêt 0168/13 : génocide civil, nettoyage ethnique-racial, apartheid, etc. Elles traduisent toutes d’une certaine manière les dommages psychologiques, légaux et sociopolitiques que cette mesure est en train de causer. En effet, l’arrêt a poussé la marginalisation des Dominicains d’origine haïtienne à son niveau le plus bas. Ils forment un monde à part sans identité aucune. Tandis que la reconnaissance de l’autre fait partie de son existence comme personne et contribue à son développement. La privation de la nationalité dépouille ipso facto ces Dominicains de leurs droits fondamentaux comme l’éducation, la santé et le travail décent. D’autre part, on a essayé de briser les liens de la solidarité et le sens d’appartenance à la communauté. Par conséquent, l’absence d’un point d’appui social de ces êtres humains peut développer chez eux des psychoses aiguës telles que la paranoïa et la schizophrénie.

« Vivre sans patrie est vivre sans honneur », cette phrase laconique du père de la patrie dominicaine, Juan Pablo Duarte, résume la situation dans laquelle se trouvent ces individus affectés par l’arrêt. Ce sera toujours un honneur pour tout être humain de participer à la construction d’un espace sociopolitique. Cependant, l’arrêt est sur le point de priver ces plus de 200 mille dominicains du droit de participer à la vie politique de leur pays. Par ailleurs, il est important de souligner que si la nouvelle loi 169-14 tente de donner (ou de restituer dans certains cas) la nationalité à ces gens (statut légal de membre d’un Etat), il est hors de portée du cadre juridique de donner une citoyenneté pleine ou substantive, étant donné que cette dernière se fonde sur la pleine jouissance des droits civils, sociaux et politiques, articulés sur la liberté individuelle, le bien-être social et la participation politique, respectivement. La réalité de ces Dominicains se trouve placée à mille lieux de ces principes, et ceci pour longtemps encore.

Du point de vue économique, les conditions de travail des personnes affectées par l’arrêt s’en trouveront de plus en plus fragilisées, avec pour corollaire direct la réduction de leur salaire. Il en résulte aussi l’augmentation de la pauvreté et de l’inégalité dans le pays, lesquelles affectent principalement une minorité ethnique historiquement exclue.

Quelle est la situation de la communauté haïtienne en République Dominicaine, principalement celle des jeunes, face à ces nouvelles tendances ? Quelles sont les principales propositions de l’organisation dont tu es un membre fondateur, NAPSA (N’ap Sove Ayiti), et dont l’un des publics cibles, ce sont les étudiants et professionnels haïtiens en République dominicaine ?

JHP : La communauté haïtienne en République Dominicaine est composée à peu près d’un demi-million d’individus. Ce chiffre s’élève à près de 700 000 si on y ajoute les Dominicains d’origine haïtienne. Les immigrants haïtiens se répartissent en cinq catégories socio-économiques : la première comprend les travailleurs des secteurs agricole et de la construction, les détaillants (la plupart d’entre eux, des vendeurs ambulants), les chauffeurs de taxi, les ménagères et les gardiens de maison. La seconde catégorie est composée d’entrepreneurs, alors que les trois autres sont formées par les religieux, les étudiants et les professionnels, et les artistes.

En termes d’âge, la population oscillant entre 18 et 29 ans représente 60% du total des immigrants, ce qui équivaut à environ 275 mille personnes ; c’est le groupe le plus nombreux. Ces données se révèlent très importantes en ce qui a trait à la contribution des Haïtiens à des secteurs spécifiques de l’économie dominicaine ; car les jeunes œuvrent dans des secteurs comme la construction et l’agriculture qui requièrent d’une grande force physique, et pour la réalisation desquels les plus âges sont moins doués. Ces jeunes peuvent être divisés en deux sous-groupes : les travailleurs et les étudiants.

Le nombre total des étudiants haïtiens en République Dominicaine est de plus de 20 mille, selon une étude que j’ai menée en 2012, soit l’équivalent de l’effectif des étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Selon la même étude, la moitié des étudiants choisit les filières de la santé (médecine, sciences infirmières, etc.) ; un quart d’entre eux s’inscrit en génie (industriel, civil, informatique, etc.) ; la gestion et les sciences connexes, et le tourisme couvrent 15% du total. Je tiens à préciser que la médecine et la gestion des entreprises sont les domaines d’études absorbant le plus grand nombre d’étudiants haïtiens dans le pays voisin.

La jeunesse haïtienne ne peut pas être séparée du développement de son pays. NAPSA est un espace à la fois créé par et offert aux jeunes étudiants et professionnels, interpelés par la situation d’Haïti, gênés par la pauvreté du pays et préoccupés par son avenir. NAPSA veut être une plateforme d’action, de dialogue et de tolérance, à partir duquel les jeunes peuvent participer à la construction sociale, culturelle, économique et politique d’Haïti. L’organisation a été fondée à Port-au-Prince le 26 février 2011 par un groupe de jeunes professionnels et étudiants vivant en Haïti et dans la diaspora. L’organisation compte maintenant environ 400 membres ; nous sommes présents dans plusieurs pays tels qu’Haïti, la République dominicaine, les Etats-Unis d’Amérique, la Colombie, le Canada et le Venezuela.

Actuellement, le directoire de NAPSA est intégré par les philosophes Gulin Bonhomme et Smith Augustin, l’ingénieur industriel Allentz Annacacis, tous les trois vivent en Haïti ; l’ingénieur Jean-Edwidge Luxama qui poursuit des études de maîtrise au Canada, le professeur Wooldy Edson Louidor qui vit en Colombie, et moi même. NAPSA invite les jeunes étudiants et professionnels haïtiens à contribuer à la consolidation démocratique, au développement économique et à la cohésion sociale d’Haïti. Pour cela, l’organisation crée des espaces de convivialité pour ses membres et d’intégration avec d’autres Haïtiens, en particulier les pauvres et les paysans. Dans chaque pays où NAPSA est présente, elle œuvre suivant les opportunités et les contraintes du milieu autour d’un ou de plusieurs de ces cinq champs d’action : l’orientation scolaire et professionnelle, le travail auprès des paysans, la promotion de la culture haïtienne, le plaidoyer sociopolitique, et l’accompagnement du secteur religieux visant à articuler la prière et l’action.

Les cinq champs d’action de l’organisation sont mises en œuvre en République Dominicaine. Un atelier d’orientation académique et professionnelle est organisé deux fois par an. Cette initiation à la réalité dominicaine, au fonctionnement des universités et aux relations haïtiano-dominicaines est d’une très grande importance, car nos bacheliers arrivent souvent au pays voisin sans aucune orientation scolaire, avec des peurs et bien d’idées préconçues. D’autre part, NAPSA travaille avec les paysans haïtiens à Barahona dans le Sud et à San Pedro de Macoris à l’Est. Deux fois par mois, un groupe de napsistes (membres de NAPSA) sensibilise les immigrants sur la nécessité de se procurer leurs papiers d’identité. De plus, nous leur offrons des ateliers en économie domestique et en santé. Dans le cadre de ces activités, nous commémorons avec eux la Journée internationale du travail, le premier mai.

En ce qui concerne la promotion de la culture haïtienne, NAPSA veut présenter une nouvelle image d’Haïti, susceptible de déconstruire les clichés, les préjugés et la stigmatisation qui existent en République Dominicaine (et pour une large part en Amérique latine) sur notre pays. Certains osent même penser à tort qu’il n’y a rien de bon ni de beau en Haïti. Pour lutter contre ces perceptions pernicieuses, NAPSA réalise chaque année la fête de la culture haïtienne baptisée "Kul’tura NAPSA" et d’autres activités comme des expositions de peinture, etc.

Par ailleurs, la branche de NAPSA en République Dominicaine publie régulièrement ses prises de position sur les relations entre Haïti et la République dominicaine qui ont connu une période houleuse suite à la publication de la sentence 0168/13 en septembre dernier. L’organisation est activement impliquée dans le processus de régularisation et de documentation des immigrants haïtiens, réalisé par les deux Etats Dominicain et Haïtien respectivement. Un comité a été formé pour offrir de l’aide à l’Ambassade d’Haïti dans le processus du Programme d’identification et de documentation aux immigrants haïtiens (PIDIH). Enfin, NAPSA accompagne les églises pour aider les fidèles, surtout les jeunes, à joindre l’action à la prière. Ce dernier point est basé sur le fait que les Haïtiens, surtout les pauvres, sont très religieux.

(A suivre)

[1] Entrevue avec le conseil des eveques latino-americain sur les haitiens en RD et les Dominicains d’origine haitienne, publiée sur le site web http://www.celam.org/ du conseil et repris par des medias en Argentine, en Colombie, au Bresil et en République Dominicaine.

Sources:

 



Partager