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26 avril : journée nationale du souvenir

28/04/2014

26 avril : journée nationale du souvenir

DEVOIR DE MÉMOIRE

À la mémoire de toutes les victimes de la dictature duvaliériste, de l'arbitraire et de la répression en Haïti.

En cette journée du 26 avril, que la nation haïtienne se souvienne de toutes les personnes disparues, assassinées, torturées, violées et incarcérées arbitrairement durant les 29 ans du règne sans partage des Duvalier père et fils, ainsi que durant les 28 années post-dictature. Le sang de Daniel Dorsinvil et de Girldy Lareche Dorsinvil, assassinés le 8 février 2014, ruisselle encore dans les rues de Port-au-Prince.

Le 26 avril doit demeurer dans la mémoire collective une journée sombre pour l'humanité, les familles haïtiennes et la démocratie en Haïti.

26 avril 1963

Dans la matinée, la voiture présidentielle qui amenait les enfants Simone et Jean-Claude Duvalier à l'école, fut attaquée par quatre hommes armés, habillés en vert olive. Une lutte s'ensuivit au cours de laquelle plusieurs hommes de la garde des enfants Duvalier furent tués. La réaction contre cette apparente tentative de kidnapping fut terrible. Un appel à tous les macoutes et duvaliéristes fut lancé à la radio, demandant à tous de prendre les armes … Le signal lancé, une rage meurtrière sans précédent s'empare des partisans duvaliéristes. Des familles entières sont massacrées, des maisons incendiées avec leurs occupants vivants ou morts. Certaines familles sont traquées longtemps après cette journée. Beaucoup de personnes disparurent à jamais dans les terribles cachots de Fort-Dimanche. Beaucoup d'autres sont arrêtées, battues, blessées par balles. Certaines survivront et ont pu témoigner...

26 avril 1986

Une marche est organisée à la mémoire des victimes de la répression du 26 avril 1963 et de toutes les victimes de la dictature duvaliériste. La marche se dirigeait en direction de Fort-Dimanche où périrent de nombreux citoyens et citoyennes haïtiens. Un rassemblement était prévu devant la prison. La population sortie en foule a profité de la date symbolique du 26 avril 1986 pour crier justice et manifester son désir de voir l'émergence d'un État de droit en Haïti. C'était sans compter avec les criminels de l'ancien régime toujours en activité, ayant gardé privilèges et fonctions du pouvoir. Les militaires qui avaient transformé Fort-Dimanche en un dépôt de munitions, sur ordre d'un macoute chef de la police, firent feu sur la foule. Les tués et blessés étaient nombreux. À ce jour, l'identité de toutes les victimes demeure inconnue.

Le 26 avril 1986 rappelait amèrement que si le dictateur avait fui le pays deux mois plus tôt, les mécanismes de la répression restaient bel et bien en place et que la bataille pour la liberté serait longue. La post-dictature était née. Les violations des droits des citoyens et citoyennes haïtiens allaient continuer.



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